Quelques causes du sous-développement en Afrique, en générale et en RDC, en particulier.
« Retirez vos
mains de la R.D.C. Retirez vos mains de l'Afrique. Cessez d'étouffer l'Afrique;
elle n'est pas une mine à exploiter ni une terre à dévaliser. » Pape
François
La R.D.C., un des pays de l'Afrique subsaharienne n'est
pas une banque où chacun vient récupérer ce qui lui appartient. Voilà pourquoi
sa Sainteté le papa François I a dit, le 31 janvier 2023 lors de sa visite en
République démocratique du Congo, que les dévaliseurs, les explorateurs
malhonnêtes retirent leurs mains non seulement de la R.D.C., mais aussi de
l'Afrique tout entière. La personne employée dans la proposition laisse
supposer des interlocuteurs connus, qui sont-ils ? Que font-ils exactement pour
influencer le sous-développement en Afrique ? Quelles seraient alors les
pistes de solution pour y remédier ? C'est à ces questions que nous
tenterons de répondre dans la suite de notre travail qui s'oriente particulièrement
dans un domaine économique.
La RDC est, sans aucun doute, un pays fondamentalement
riche en bois, or, diamant, cuivre, cobalt, pétrole, etc. En effet, le
sous-développement est un terme qui ne devrait pas être lié à ce pays vu la
diversité de ses richesses. Comme nous l’avions susmentionné dans
l’introduction, au lieu de « quelle », nous pensons plutôt répondre à
la question de « qui » est à l’origine du sous-développement non
seulement en RDC, mais aussi en Afrique ? Par son affirmation, le pape
s’adresse à toutes ces personnes qui sont à l’origine de la souffrance, du mal,
du sous-développement de l’Afrique. Nous pouvons considérer d'une part que ce
sont les occidentaux ou les grandes puissances, ce qui n'est pas
inévident ; et d’autre part, des Africains eux-mêmes.
En premier lieu, les grandes puissances. Nul n'ignore le
fait que ces pays puissants donnent presque chaque année de fonds ou de dettes
à des pays africains pour améliorer leurs économies. Cela n'est pas une
mauvaise chose en soi, mais le remboursement est toujours très supérieur à ce
qui était donné. Comment un pays peut-il se développer alors qu’il dépense plus
qu'il ne reçoit ? C'est impossible. De cette manière, les grandes puissances
participent au sous-développement de l'Afrique.
Nous avons également, comme cause du sous-développement,
la guerre. Les moments de guerres sont des moments critiques. Personne ne peut
travailler tranquillement ou peut vouloir aller travailler. Si l’on ne
travaille pas, l’on n’a pas assez de moyens pour survivre, surtout la
population des zones rurales qui ne vivent, en grande partie, que de
l'agriculture. Depuis plus de vingt ans, les guerres et les groupes armés ne
cessent de se multiplier à l’est de la RDC. Bien que les Forces Armées de la
République Démocratique du Congo (la FARDC) et même la force de la Mission de
l'Organisation des Nations-Unies pour la Stabilisation du Congo (MONUSCO)
soient présentes, les attaques sont régulières et très meurtrières. Prenons l'exemple
de M23 qui massacre presque tous les jours la population congolaise. La
représentante de la MONUSCO en RDC aurait affirmé qu’il a des armes plus
lourdes et plus sophistiquées que celles de la MONUSCO. Alors que, jusqu'à
preuve du contraire, aucun pays africain ne fabrique des armes lourdes. On se
demande alors, d’où viennent-elles ces armes ? La réponse est claire et
évidente : elles viennent de ceux qui ont la capacité de les fabriquer.
Aussi ces groupes armés sont-ils tous
dans des régions où se trouvent les richesses du Congo. Cela non plus ne laisse
pas l’opinion sans interrogations.
En second lieu, la cause principale du sous-développement
est purement africaine. La mauvaise gestion des autorités des pays
sous-développés est un grand handicap pour le développement. Quel que soit les
dettes à payer, s'il y avait de bonnes gestions des fonds reçus, l’Afrique ne tarderait
pas à se développer. A titre d’exemple, l’Europe a eu l’aide des Etats-Unis (l’on
parle du plan Marshal) pour se construire, alors qu’il a été totalement détruit
après la deuxième guerre mondiale. Le développement de l’Europe fut possible
non pas parce qu’il y aurait eu beaucoup d’argent, mais parce qu’ils se seraient
engagé.
En
outre, Les économistes nous renseignent sur les indicateurs simples du
sous-développement (ceux qui ne s’occupent que du domaine économique) : le
bas niveau de vie, le niveau élevé de sous-emploi et de chômage, etc. Et les
indicateurs composites du sous-développement, ceux qui embrassent plusieurs
domaines : politique, social, économique, culturel, etc. Ils sont les
suivants :
v L’Indice de
Liberté Humaine (ILH) :
concernant ce point, nous pouvons évoquer le cas du journalisme. Dans la plus
part des pays africains, un journaliste n’est pas libre d’exercer son métier. Toute
critique ou tout commentaire sur de personnes au pouvoir est sanctionné
sévèrement. En ce qui concerne les élections, l’on est confus, elles ne sont ni
démocratiques ni transparentes, du moins pour des pays qui en ont. Pour
d’autres pays, suite à des modifications régulières de constitution, il n’y a
pas d’élections et donc quelqu’un passe la quasi-totalité de sa vie au pouvoir.
Quelle démocratie.
v L’Indice de
Souffrance Humaine (ISH) :
c’est un point qui analyse les différences des conditions de vie entre les pays
pour déterminer leur place sur le tableau de classification. Rares sont ces
pays qui essaient d’en tenir compte. L’inflation, le changement fréquent de
prix de transport au Congo, à Kinshasa en est un exemple parlant.
v L’Indice du
Développement Humain (IDH): ici, l’on
insiste plus sur la dimension de santé, la longévité, la dimension de l’éducation
de la population. Biens des pays africains ont une population mal nourrie,
non-éduquée et dont la vie est éphémère.
A
priori, c’est compréhensible qu’un pays pauvre renferme tous ces indicateurs,
simples comme composites, d’ailleurs c’est ce qui fait qu’il soit ainsi
considéré. Mais à y regarder de près, nous trouvons que ce sont, pour la
plupart de cas, les autorités de ces pays qui détournent l’argent des
projets ; ils enrôlent, pour des travaux, non pas des qualifiés, mais des
familiers parfois incompétents. Alors que le développement d’un pays dépend de
la qualité du travail que l’on y met et de ses travailleurs. L’histoire nous
rappelle que vers 1960, la R.D.C. avait le même niveau que le Canada, la Chine,
l’Afrique du Sud. Mais aujourd’hui, la chine est l’une des grandes puissances
au monde, le Canada est l’un des pays les plus riches du monde et l’Afrique du
Sud est classée parmi les Nouveaux Pays Industrialisés (NPI), c’est-à-dire ce
sont des pays qui présentent certaines caractéristiques structurelles qui leur
donnent le statut intermédiaire entre les pays en voie de développement et les
pays développés.
Eu
égard à tout ce qui précède, nous pouvons donc conclure cette première partie
en affirmant que la responsabilité en matière du sous-développement en Afrique
est partagée. Elle est d’une part occidentale (toutes ces puissances) et
d’autre part, africaine dont la responsabilité revient en grande partie aux
dirigeants. Que faut-il faire alors ?
Plusieurs pistes de solution
s’offrent pour remédier au problème du sous-développement en Afrique. Nous
pensons que la solution cruciale est non seulement le changement de mentalité
des autochtones, c’est-à-dire de tous les africains, en général et de ses
dirigeants en particulier. Mais aussi les appels à l’investissement. Dans un
système démocratique, ce sont les citoyens qui choisissent leur dirigeant. Alors
ils doivent comprendre qu’élire n’est pas un acte spontané, c’est-à-dire celui
qui se fait sans réflexion. Il ne faudrait pas élire un donateur des biens;
mais un homme compétant ; un homme ayant le souci du bien commun. Cela
doit s’observer autant au niveau parlementaire que présidentiel.
En
ce qui concerne les élus, qu’ils se rendent compte que ce n’est pas pour leur
propre intérêt qu’ils sont là. Les décisions à prendre, les Lois à voter ou à
adopter doivent être en rapport avec les besoins du peuple. Avec ces quelques
éléments ci-haut évoqués, nous avons pénétré autre domaine, la politique. C’est
juste pour aider à comprendre que le développement n’est pas le travail du
président ni même des élus ou des différents représentants, mais c’est une affaire
de tous. Pour ce faire, chacun est appelé à prendre ce qui lui revient
loyalement et à assumer correctement sa responsabilité. Et de cette manière, il
n’y aura pas de vols, de détournements des fonds, de corruptions, et pourquoi
pas de guerres.
Les pays Africains devraient aussi
favoriser non seulement l’entreprenariat ; mais aussi et surtout initier
sa jeunesse aux métiers pratiques ou techniques. L’expérience d’autres pays
nous est connue, mais en R.D.C., l’on remarque dans des universités qu’il n’y a
pas d’équilibre entre les facultés. Dans un auditoire de droit, par exemple, il
peut y avoir plus de mille étudiants alors que dans celui de l’architecture ou génie
civil, il n’y a même pas deux cents. Et pourtant, pour qu’un avocat ait du
travail, il faut que quelqu’un l’engage. Et si tout le monde est avocat, qui
embauchera l’autre? D’où, une interpellation à l’esprit du travail, de
créativité paraît nécessaire. C’est bien d’être aidé, mais c’est mieux de
travailler soi-même. Car si l’on est conscient de l’effort fourni pour réaliser
quelque chose, l’on en tire une fierté inégalable et on saura bien en prendre
soin.
Par ailleurs, nous n’ignorons pas le fait que
tous les partenaires ne sont pas des dévaliseurs. Si l’Afrique est là où elle
est aujourd’hui, c’est aussi grâce aux différents partenariats avec le monde
extérieur. C’est ce qui entre dans le cadre du « rendez-vous du donné et
du recevoir » comme l’aurait dit Léopold SEDAR SENGHOR. Cependant, l’idéal
serait alors de gérer ces partenariats d’une manière à privilégier l’Afrique.
Que l’Afrique devienne, dans la collaboration ou la coopération pour
l’exploitation des minerais, des bois, de pétrole, etc. la
décideuse ; qu’elle s’impose. La considération n’est pas évidente pour
quiconque ne présente pas un aspect considérable. La plupart des objets luxueux
qui se vendent cher en Afrique, sont des choses fabriquées à partir des
matières brutes africaines. Certes, il faut que l’Afrique s’impose, mais il lui
faut une base solide : des industries de transformation ; des
industries qu’elle peut avoir grâce au concours de ses partenaires : les
banques, les différents organismes.
En somme, nous pouvons donc dire,
partant de l’analyse que nous avons faite dans les paragraphes précédents, que
la cause du sous-développement en Afrique est plurielle. Il est non africain, mais
aussi africain, surtout ses dirigeants. Néanmoins, certaines pistes de solution
d’abord pour les citoyens, pour les dirigeants ensuite et enfin pour le monde
extérieur ont été proposées. De plus, vu le nombre innombrable des communautés
dont l’Afrique fait partie, africaine comme internationale, quels seraient leur
apport face au sous-développement en Afrique ?
Jean de Dieu UYIRWOTH
ÉTUDIANT À L’UNIVERSITÉ SAINT AUGUSTIN DE KINSHASA (USAKIN)
Un bon début, courage !
RépondreSupprimerMaître
RépondreSupprimerNon, on n'est pas encore là
SupprimerUn début d'une vie littéraire j'apprécie beaucoup mon vieux, courage
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